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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 16:54

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bonjour,

je suis alléé à la fête du livre de C. et j'ai rencontré une jeune femme, Stéphanie Allenou, qui m'a dédicacé son livre.

je ne l'avais pas encore lu, mais la 4ème de couverture, laissait prévoir un contenu fort en désillusions sur la mère idéale que l'on nous vend à grand coup d'article et d'émission tv.

bon, je l'ai lu en quelques heures, parfois très émue, car elle décrit le burn-out des femmes au foyer, qui veulent envers et contre tout mener de front leur maternité, la tenue de la maison, le bien être du mari, et l'illusion de pouvoir tout faire toute seule!

ça m'a rappellé quand je n'y arrivais plus du tout avec mon fils ainé, il avait 18 mois, j'étais étudiante, il n'obéissait à aucune consigne, ne restait pas au lit bien sagement pour que je travaille mes cours, j'étais fatiguée par des nuits trop courtes, des temps de transport épuisant, et je criais pour me faire entendre, alors même que j'avais horreur de me voir comme ça, incapable de gérer un bébé.  j'avais vu les films "le bébé est une personne", j'explicais tout comme il faut à mon bébé, et lui me faisait devenir chèvre!  j'avais le sentiment de faillir, de ne pas être la mère que je voulais être, d'être incapable, nulle, et surtout quand je pétais les plomb, l'impression qu'il suffirait d'un rien pour que je le tape!

j'étais à cette époque abonnée à une revue très bien faite: "enfant d'abord" un jour que j'avais failli craquer, j'ai enfermé mon fils dans sa chambre, je me suis mise à pleurer d'avoir pu hurler contre lui, et j'ai écrit au courrier des lecteur du journal "j'ai peur de le frapper" en explicant mes dérappages etc. j'ai reçut des témoignages très émouvant de femmes qui me disaient que je ne devais pas rester seule, que je n'étais pas un cas unique, que c'était courageux d'en parler...

j'ai un peu fait le bilan avec moi même, j'en ai parlé à mon mari, et j'ai compris que je plaçais la barre un peu haute quant à mes capacités de tout gérer!

je ne suis que Humaine! je m'imaginais que je serai une mère zen, comme mes belles soeurs en Algérie, j'oubliais juste qu'elles n'étaient jamais seules devant les bêtises ou caprices de leurs enfants, la famille élargie les entouraient, prenait le relais. moi non. j'étais dans une cité du 93, seule avec mon mari, , sa famille et la mienne loin,  perdue aussi  car dès que je disais que j'étais étudiante en psycho à la PMI, ou à la pédiatre, on se mefiait de moi, on supposait que je savait déjà tout, on ne me guidait plus...

j'étais larguée! d'autant que ma tante n'arrêtait pas de dire que j'avais l'air d'être tellement sereine! ce qui au fond me faisait très plaisir, mais lme coinçait en même temps, comment appeller à l'aide ensuite quand on pète les plombs? j'avais peur de perdre l'estime que l'on m'accordait.

quand plus tard il y a eu les deux autres enfants, là encore je me suis sentie débordée, on avait déménagé dans un bled de la picardie profonde, où le simple fait de ne pas appartenir aux déscendants du village depuis au moins 5 générations faisait de vous des étrangers. pas de contacts avec les mamans à la sortie de l'école, isolement encore plus grand avec la famille, car avant , au moins dans le 93, j'avais quelques membres de ma famille, tantes, grand-mère, même si nous nous voyions peu.

là, j'étais seule. d'autant que mon mari partait tôt, rentrait tard du travail. je devais tout gérer toute seule.

je ne lui reproche pas. c'était comme ça. j'ai laissé de coté le soin de moi même, la tenue de la maison était très désepérante, à peine fini de tout ranger et nettoyer que tout était déjà en bazarre. je me laissais glisser doucement dans une dépression, en ayant des sursaut d'énergie pour le cacher aux autres. 

ma mère, en me rendant visite, me fit des tonnes de reproches, sur ma capacité à elever mes enfants, la tenu de ma maison, les absences de mon mari...mais ne me proposait que de sortir faire des promenades par un froid de canard alors que j'étais abonnée aux docteurs tous les 2 jours avec mes 3 enfants! et quand je refusais elle m'en voulait. j'étais piégée, j'avais des envie de fuir, de tout laisser en plan, comme Stéphanie Allenou. 

heureusement j'écrivais, une sorte de journal, dans lequel je couchais essentiellement mes raz le bol, mes incomprehension et les tensions du couple. évidemment, quand je le relis, on pourrait croire que tout allait mal, c'est faux, car les dates sont parfois très éloignées les unes des autres, mais ça me soulageait de l'écrire.

j'ai aussi entrepris une psychanalyse, qui m'a fait beaucoup de bien.

 voilà, c'est mon témoignage, il y a tellement de femmes perdue dans ce pays, face aux exigences , aux idéalisations de la maternité, qui parfois pêtes les plombs en public et que l'on juge d'un regard réprobateur, alors qu'elle sont peut être tout simplement épuisée! qu'ellesont peut être besoin d'un coup de main.

pensez-y la prochaine fois....

 

 

 

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commentaires

Elisabeth de Hautségur 06/12/2011 11:39


Ce livre me semble passionnant. Merci d'être  passée sur mon blog : je suis dans la merde. Je t'embrasse. Elisabeth.

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