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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 09:41

Entre réalité et fiction

 

Tout l’art du roman historique est de placer le lecteur dans l’illusion que cela puisse être vrai en respectant le contexte historique et en y distillant du faux, de l’inventé qui pourrait être du vrai.

 

Dans mes nombreuses recherches historiques pour étayer mon travail d’invention, j’ai cherché des traces écrites  sur mon grand père Stanislas, au travers de documents, divers et variés. J’ai cherché des archives à la BDIC, au CDJC, dans des livres historiques, des romans, des récits, des témoignages… à chaque fois avec l’espoir fou que ma fiction romanesque rejoindrait la réalité, qu’on retrouverait par hasard la dernière lettre, le dernier mot griffonné de la main de Stanislas…car au fond, la réalité est si cruelle qu’elle m’insupporte. D’où peut être cette idée folle de la réécrire !

 

J’ai appris que malheureusement, seuls 2 otages sur 116, purent griffonner une dernière lettre à leur épouse, l’un sur sa carte de transfusion sanguine, l’autre sur un bout de papier dont on n’a plus que la copie.

 

Pourquoi ? Parce que le Sonder führer Trappe, ne permis pas aux otages d’écrire une dernière lettre. Une dernière humiliation avant d’être fusillé, en quelque sorte.

 

Mais ces 2 hommes ont réussit, pourquoi pas d’autres ??? L’espoir est permis, et donc le roman peut s’accrocher, se construire sur cette faille, sur un recoin de cette histoire là !

 

J’avais aussi espoir dans cet abbé Stock, aumônier  allemand des prisons parisienne qui, faute de mieux, recueillis les derniers mots de nombreux otages et les transmis à leur famille, ainsi parfois que des lettres. Il teint un cahier de ses activités en inscrivant en face de chaque date funeste de fusillade les noms, adresses, de fusillés du Mont Valériens, quand il avait pu les approcher.

Malheureusement dans son carnet à la date du 21 IX 42 souligné en rouge pourtant, il y a inscrit : 46 otages : noms inconnus.

 

Qu’est ce que cela signifie ? Qu’il n’était pas là ? Que les hommes on refusé de lui confié quoi que ce soit ? Qu’il n’a pas eu l’autorisation de les approcher ???

 

La question reste en suspend. On peut alors laisser libre cours à l’imagination, laisser vagabonder le romanesque …

 

Ce que je sais, par contre, c’est qu’en quittant le fort de ROMAINVILLE  à 7 h du matin, depuis les bus qui les emmenait vers le Mont Valérien pour y être fusillés, les 46 otages chantèrent tous en cœur une vibrante Marseillaise, à plein poumon, vivant et fiers d’être encore là pour dire, à leur manière, encore une dernière fois à l’occupant,  « vive la France ! Vous ne  tuerez pas cet engagement là en nous fusillant ! ».

3 heures 50 plus tard, plus aucun d’eux n’était  en vie.

 

Je sais donc qu’il me faudra cheminer encore, dans les méandres des faits historiques, ainsi que dans ceux plus tortueux encore de mon imagination pour que cette lettre parvienne enfin à la lumière, et ce cheminement, ce voyage imaginaire et historique, rende hommage à Madeleine et Stanislas OBODA. Qu’importe si fiction et réalité s’y mêlent ! Si le but est de donner à voir cette  femme et cet homme,  parvenir à entretenir leur souvenirs, leurs sacrifices, ne serait-ce que pour ma propre famille, j’aurais réussit mon chalenge.

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commentaires

Elisabeth de Hautségur 24/07/2010 02:37



Coucou,


Je repasserai plus tard. Je t'embrasse. Elisabeth.



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